Vivre pleinement dans son époque, vivre de plain pied dans son temps nécessite de faire des choix. On peut, en simplifiant, choisir deux façons de "faire son temps".
Soit pareille à une feuille morte, nous nous contentons confortablement de suivre le mouvement, dans nos comportements, dans nos amitiés, dans nos amours, il s'agit de respecter la norme, de ne pas se distinguer et au final de ne pas trop s'interroger. Soit, on choisit de s'interroger, de s'interroger sur le monde qui nous entoure, de s'interroger sur le bien fondé de ce qu'on nous présente comme des évidences. Cette façon de vivre est nécessairement moins confortable, moins douce, moins évidente, elle n'en est pas moins riche et intense.
Evidemment, nous sommes peu nombreux à nous sentir comme pleinement intégré au système. Rare sont les personnes dans votre entourage qui vous diront qu'elles approuvent le système productiviste dans toutes ses dimensions, mais "il faut bien vivre" et "on a pas le choix". Le cycle infernal production-consommation occupe 80% de notre temps de vie éveillé. Les arts, la contemplation, la réflexion sont enfermés dans un carcan idéologique dépassé et dangereux.
A ceux qui marchent contre le vent, il faut rappeler qu'ils ne sont pas seuls. Et qu'un archipel d'initiatives et de bonnes volontés ne demandent qu'à s'exprimer, à se structurer, à exister. L'un de ces îlots à pris le nom de décroissance, un nom qui sonne comme une provocation aux oreilles des mandarins de la finance et de la mondialisation. Un nom qui lui assure depuis quelques mois, une publicité particulière dans une société politique et médiatique en perte de repère et de modèle.
A ceux qui marchent contre le vent, il faut répéter qu'aucun des déséquilibres qui ont conduit à la crise n'ont été résolus. La crise financière? Les banques aidées par les Etats, n'ont jamais été aussi puissantes. La crise climatique? Le sommet de Copenhague a été la vitrine d'un monde incapable de s'entendre ensemble et d'abandonner la poursuite de ses seuls intérêts nationaux. La crise sociale? Malheureusement, que ce soit en Europe, en France ou dans les principaux pays développés le chômage n'a jamais été aussi élevé et il devrait continuer à augmenter en 2010. Les seules réponses apportées l'ont été dans le but de rafistoler les rouages d'un système sans s'interroger sur la finalité de l'entreprise dans son ensemble.
Alors que certains pourraient penser que le vent à changer de sens, qu'une forme de conscience collective éveillée se dessine et s'exprime dans de nouveaux espaces de liberté, dans le développement d'une économie plus durable, plus cohérente, ces apparences sont trompeuses. Le système capitaliste change, se transforme, s'adapte, c'est ce qui fait sa force. Néanmoins, les principes qui le dirige restent les mêmes et les dirigeants qui en profitent aussi.
Nous restons en minorité, en situation de résistance, à l'écoute de notre environnement et de nos convictions. Ne nous laissons pas abuser par une apparente inflexion des modèles économiques et politiques dominants, il n'en est rien, bien au contraire...
FA

Articles intéressants... , qui prônent un déploiement intérieur en quête de sagesse et d'apaisement, hélas une démarche en contradiction avec les valeurs diffusées et dominantes de notre société, mais qui rend une action intègre et cohérente possible, dans les interstices, dans ces "ilots de résistance" où soufflent un vent d'authentique liberté.
Il y a juste une chose qui me chiffonne (pt-être est-ce momentané et est-ce dû à la superficialité de ma lecture), comme ça, d'abord de manière intuitive: en postulat il me semble que tu poses une antinomie entre l'homme, l'individu, et la société (i.e. le "système" dont lequel nous vivons).
Par ailleurs, n'est-ce pas, en germe, totalitaire, que d'intégrer dans un même ensemble des choses comme "valeurs" , "individu", "économie" , "politique"... ?
A mon sens, l'histoire nous révèle que les solutions politiques ne peuvent plus qu'être individuelles... le collectif "broie" nécessairement certaines finesses. En outre, nous ne pouvons imposer, érigé en "système", une certaine vision des choses, et du monde, une certaine conception de la vie... qui relèvent d'abord, dans nos sociétés conçues comme démocratiques, de la responsabilité de l'individu, comme une expression (parmi d'autres) de sa liberté.
En effet, il est bon de véhiculer certaines visions des choses, une vision plus sage certainement, et davantage en harmonie avec notre environnement, que ce que l'on constate habituellement, mais je ne peux m'empêcher d'y voir de simples vœux pieux... A quoi bon ? On ne changera pas les gens et le monde qui sont d'abord gouvernés par des "passions tristes" et du superficiel (argent, pouvoir,etc.); comme disait Brassens: "quand on est con, on est c.." ; alors.. plutôt que de s'épuiser à vouloir changer les foules et l'ordre du monde, ne vaut-il pas mieux consacrer son énergie, certes égoïstement diront certains, mais tellement plus réaliste et efficace, à cultiver son propre jardin, comme nous engageait Voltaire à le faire ?
Après, pt être suis-je bien pessimiste... , mais je ne crois pas, juste réaliste.
Bon blog en tout cas!
Bien à toi,
Rédigé par : Olivier | 19/04/2010 à 11:12