Si acheter peut être un acte de consommation individuel, mais aussi la façon de soutenir un produit, un concept ou une idée; le boycott peut à l'inverse pouvoir exprimer un désaccord, il est un moyen d'expression du nouveau consomm'acteurs.
Le boycott est apparu au 19e siècle. En 1878, Charles Cunningham Boycott, un riche propriétaire Irlandais, exigea un prix élevé pour les terres qu'il louait en pleine période de famine. La population du comté décida alors de le mettre en quarantaine, les fermiers cessèrent de le payer et les ouvriers agricoles de travailler, sacrifiant la récolte de la saison. Ce qui entraîna la ruine du propriétaire. Le procédé fut appliquer ailleurs, et le terme entra dans le langage courant.
Depuis, il a été utilisé à différents niveaux. Luttes sociales, politiques ou arme économique... Il est l'expression d'un acte délibéré et engagé, par le biais duquel le consommateur redevient citoyen.
Certains parlent de démocratie par le caddie. Une marque ou un produit peut devenir du jour au lendemain la cible d'une campagne mondiale de boycott. Cela permet d'envisager une sorte de contre-pouvoir à la toute puissance de certaines multinationales. Cette volonté de vouloir consommer plus vert et plus éthique est une donné que ces mêmes entreprises ont déjà pleinement intégré et utilisent pleinement.
Tout peut faire l'objet d'un boycott; par exemple l'huile de palme, accusé de favoriser la déforestation en Indonésie, ou des produits contenant des OGM. Mais se sont surtout les enseignes qui sont visées, parce qu'elles stigmatisent des pratiques jugées contraires à certains principes éthiques. Ainsi, le boycott de Nike est un modèle du genre, afin de lutter contre le travail des enfants.
Quant à Coca-Cola, marque emblématique s'il en est, elle est la cible de nombreux boycott. En 2006 par exemple, alors que la marque est accusé d'avoir commandité l'assassinat de 6 syndicalistes d'une usine de Colombie, l'Université du Michigan (Etats-Unis), suspend les ventes de soda au près de ses 50 000 étudiants. Les pertes de Coca-Cola sont estimées à 1,2 M€. Au delà de ces actions sporadiques, le boycott est un moyen d'expression permettant bien souvent de nuire à l'image d'une marque et d'une entreprise dont un élément de la politique nous paraît inacceptable.
S'il est un acte engagé, le boycott reste surtout le fruit d'une réflexion comme citoyen et consommateur. Le boycott est l'arme du citoyen-consommateur, le consomm'acteur. Prenons conscience de notre pouvoir d'achat et de nos intérêts communs (à l'échelle de la planète) pour que le boycott s'affirme comme un contre pouvoir efficace face aux entreprises multinationales.
FA

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