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Rédigé à 15:43 | Lien permanent | Commentaires (1)
Du 26 au 29 mars 2010 aura lieu à Barcelone la 2e Conférence internationale sur la Décroissance
Lien vers le site de la conférence : 2nd Conference on Economic Degrowth
Cette deuxième conférence internationale doit permettre la rencontre des chercheurs, militants, citoyens et hommes politiques qui réfléchissent dans le monde entier sur ce sujet.
L'objectif de cette conférence est d'aboutir à une déclaration aboutie, synthèse des divers groupes de travail mis en place; développer des propositions concrètes; dégager les questions prioritaires sur lesquelles travailler; faire connaître notre mouvement au travers des articles et de la couverture médiatique.
Ceux qui souhaitent s'y rendre peuvent me contacter afin d'organiser un déplacement commun.
FA
Rédigé à 15:41 dans Agir ensemble, Changer de logique | Lien permanent | Commentaires (0)
La crise n'est pas une bonne nouvelle ...
Contrairement à ce que certains veulent nous faire dire, la crise ne nous réjouit absolument pas. Ce n'est en rien une revanche de la décroissance. En cela, je m'éloigne de la pensée de Serge Latouche qui défend la pédagogie des catastrophes. Les crises accouchent plus souvent d'Hitler ou de Staline que de Gandhi. Les crises nous font oublier ce que nous savons, elles poussent nombre d'hommes dans la misère matérielle et psychologique. Hannah Arendt disait qu'il n'y a rien de pire qu'une société fondée sur le travail, sans travail. Je crois que l'on peut ajouter qu'il n'y a rien de pire qu'une société fondée sur la croissance, sans croissance. Il faut organiser cet inévitable ralentissement de la croissance, l'intégrer pleinement dans nos objectifs économiques, dans les politiques sociales, culturelles et dans nos raisonnements personnels. La crise est donc porteuse du pire comme du meilleur.
... mais elle est une occasion de se poser les bonnes questions
La crise est l'occasion de démentir tous ceux qui rêvent d'une société d'abondance matérielle. C'est aussi l'occasion pour les forces alternatives (la gauche en France et en Europe) de sortir de l'impasse. La gauche est en effet dans une impasse politique car elle campe encore dans l'idée qu'il faudrait faire encore grossir le gateau (PIB) pour pouvoir enfin le partager plus équitablement. Nous pensons au contraire, qu'il est plus que temps de cesser de concentrer toute notre énergie sur cette fausse richesse qu'est le PIB, et tout en développant de nouveaux indicateurs et de nouveaux objectifs de mesure de la valeur, penser dès maintenant à la manière de mieux partager les richesses de ce monde.
La première des décroissances est celle des inégalités
On peut comprendre que par son travail, par ses idées, par sa prise de risque un dirigeant d'une grande entreprise soit rémunéré justement. La juste récompense des efforts est une valeur essentielle inhérente à tout système, inhérente à la pensée humaine. Elle contribue à stimuler la recherche du mieux, elle conduit l'homme à entreprendre, à inventer, à découvrir, à comprendre. Néanmoins, comment justifier qu'en moins de 50 ans nous soyons passés d'un facteur de 1 à 20 à un facteur de 1 à 200 (jusqu'à 500) entre la rémunération d'un employé et de celle de son dirigeant. Qui peut justifier que le valeur du travail d'un homme soit supérieur à celle de 500 autres ?
Répondre sur tous les fronts et à tous les niveaux
La réalité de notre environnement nous pousse à évoluer. La crise actuelle est une crise systémique. Il n'est donc pas possible de trouver une issue en réglant simplement quelques dysfonctionnements. Le défi qui est le notre est de répondre sur tous les fronts et à tous les niveaux : sur les fronts financier, économique, social, institutionnel, politique et symbolique; à tous les niveaux : personnel, local, communautaire, national, international. N'ayons pas peur chaque fois que nous le pouvons de nous interroger et de nous questionner sur le bien fondé de telle ou telle décision que nous prenons.
Décoloniser notre imaginaire
Pour s'interroger sur la société, il faut être capable d'en comprendre les absurdités. Einstein disait que lorsque l'on à la tête sous forme de marteau on voit tous les problèmes sous forme de clous. Il faut donc changer notre façon de penser, décoloniser notre imaginaire de consommateur et s'ouvrir sur toutes les immenses possibilités que nous propose la vie humaine. Le "toujours plus" n'est pas la solution que ce soit dans le cadre du socialisme ou dans le cadre du communisme. Le "toujours plus" nous appauvrit et appauvrit notre environnement. Le "toujours moins" n'est pas non plus une option envisageable tout simplement parce que personne n'entreprend pour régresser, nous cherchons tous à nous développer; il va falloir apprendre à se développer différemment ...
La gratuité comme publicité de la décroissance
La principale difficulté du mouvement de la décroissance est de se présenter sous un angle attractif, de nous faire connaître sans pour autant se réjouir à mots couverts des dernière catastrophes climatiques et laisser entendre que la crie économique qui frappe la planète est plutôt une bonne nouvelle. Il nous faut nous plier à une forme de marketing intelligent, pour nous rendre désirable.
Il me semble (pour reprendre les thèses développés par Paul Ariès) que l'idée d'une gratuité du bon usage face au renchérissement, ou à l'interdiction du mésusage, peut constituer à la fois le socle d'une approche vers le grand public et le socle d'une pensée politique. Non seulement parce qu'elle permet de répondre aux enjeux antiproductivistes, mais aussi parce qu'elle à même de susciter le désir, nous portons tous la gratuité chevillé au corps. Par exemple, l'eau potable va devenir de plus en plus rare au XXIe siècle, raison de plus pour en rendre son usage normal gratuit et pour en interdire son mésusage (et pas seulement pour les golfs...).
La gratuité devient une question de plus en plus vitale pour bon nombre d'entreprises capitalistes, notamment pour les majors de la musique et du film. Cette question de la gratuité de la culture, du savoir et de la connaissance sera sans doute un paramètre essentiel de l'économie du XXIe siècle. Soyons, sur ce sujet, une force de proposition cohérente et désirable.
FA
Rédigé à 16:53 dans Changer de logique | Lien permanent | Commentaires (2)
Comment définir la décroissance ?
La décroissance n'est pas plus un concept scientifique que ne l'est le développement durable. Il s'agit d'un mot obus qui permet de pulvériser l'idéologie dominante et de décoloniser l'imaginaire. Il doit nous conduire à penser que la croissance infinie dans un monde fini n'est ni possible, ni souhaitable.
Pourquoi et comment est née la décroissance ?
La décroissance est née de la faillite de quatre modèles : celui du capitalisme, celui de la social-démocratie, celui du communisme et celui d'une certaine écologie politique incapable de lier question environnementale et question sociale. La décroissance tente d'articuler les questions que posent plusieurs grandes crises. La crise environnementale, la crise sociale avec l'explosion des inégalités, la crise politique avec la disparition des grands idéaux, et la crise de la personne humaine avec d'un côté la boulimie de consommation et intimement lié l'explosion des pathologies mentales.
Comment expliquer les dérives de la société moderne ?
Notre société a plongé dans la démesure. C'est à dire que nous avons perdu la capacité de nous donner des limites. Un individu qui ne sait pas se donner des limites va inévitablement les chercher dans le réel (conduites à risque, alcool, toxicomanies...). De même, une société incapable de se donner des limites va les cherches dans le réel (épuisement des ressources, explosion des inégalités, consumérisme à outrance). La grande question du XXie siècle est bien notre capacité à nous donner des limites. Ce qui suppose de réintroduire l'économie capitaliste (qui ne peut fonctionner que sur l'absence de limites) dans le politique et le culturel.
La décroissance n'est elle pas qu'une utopie irréaliste ?
La décroissance est une utopie concrète. Une utopie au sens où elle s'oppose au système économique actuel, la décroissance lui oppose de nouvelles valeurs de nouveaux principes d'organisation. Néanmoins, la décroissance n'a rien du mythe. Il nous faudra dans les prochaines décennies nécessairement réduite notre production de gaz à effet de serre, s'il l'on veut que notre planète reste habitable; il nous faudra apprendre à partager les ressources communes (métaux, bois, eau...); il nous faudra apprendre à considérer que la perpétuelle course en avant qu'est la croissance épuise l'homme et épuise sa planète.
La décroissance s'entend sur au moins trois niveaux d'actions :
1. Un nouveau mode de vie : c'est la simplicité volontaire. Il s'agit de mettre son mode de vie en conformité avec ses valeurs. C'est vivre plus simplement, en consommant moins, en vivant plus sobrement d'un point de vue matériel, mais beaucoup plus richement d'un point de vue spirituel et humain. La cohérence nécessaire entre choix de vie et mode de vie, nous éloigne d'une certaine vision socialiste extrême qui consiste à attendre le grand soir avant d'engager la moindre initiative. La décroissance est avant tout un mode de vie à cohérent, à part entière.
2. Les actions collectives : tout ce que l'on peut bricoler dans les marges du système est positif pour commencer à éveiller les consciences. Je pense aux AMAP (qui rencontrent un vif succès), aux Transition Towns (villes réduisant leur dépendance au pétrole), à toutes les initiatives qui visent à vivre mieux en consommant moins. Cela reste néanmoins insuffisant, nous ne souhaitons pas voir se développer une société duale où des macro systèmes s'affronteraient. Ce n'est ni souhaitable, ni réaliste.
3. Un projet politique alternatif et crédible. Nous avons besoin d'un paradigme pour donner du lien à l'ensemble de ces initiatives personnelles et citoyennes qui forment un archipel d'idées aussi intéressantes qu'isolées. Le seul paradigme économique qui puisse s'opposer à l'hyperconsommation 'hyper avoir' et l'hyperhummanisation 'hyper être'. C'est le passage d'une société motivée par la recherche de plaisirs personnels (qui reposent en grande partie sur la consommation de biens matériels), à une société menée par la recherche de liens et par la connaissance du monde, des autres et de soi-même.
FA
Rédigé à 18:39 dans Changer de logique | Lien permanent | Commentaires (0)
Rédigé à 14:08 dans Agir ensemble, Outils pour comprendre | Lien permanent | Commentaires (0)
Rédigé à 22:43 dans Changer de mode de vie | Lien permanent | Commentaires (0)
Télécharger les cahiers de l'IEESDS, janvier 2010
Rédigé à 22:33 dans Outils pour comprendre, Proposer | Lien permanent | Commentaires (0)
En achetant, les consommateurs choisissent les produits. Le prix, lui, reste fixe. Un concept venu de Grande-Bretagne révolutionne les rapports marchands : "Pay what you want" ou "Payez ce que vous voulez". Solution anti-crise ou tentative de buzz, aperçu d'une tendance qui s'installe en France.
Le prix libre, lié à des idées d'échanges différents, faisait jusqu'alors parti du monde alternatif. La révolution du "pay as you want", c'est adapter le procédé au monde marchand.
Distribution indépendante
En 2007, le groupe Radiohead séparé de sa maison de production EMI, lance l'album " In Rainbows " sur internet à télécharger à " Pay as you please" avec un minimum de 0,45€ et un maximum de 99,9€. "En termes de revenus numériques, nous avons fait plus d'argent sur ce disque que sur tous les autres albums de Radiohead mis ensemble" a déclaré le chanteur Thom Yorke dans le Times. Une chose est sûre, le buzz a fonctionné.
Extension du procédé
Né dans quelques pubs anglais le "Pay as you want " s'exporte. De retour de Londres, le directeur du site de mode et ventes privées en ligne Brandalley lance une campagne en 2009 pendant les soldes. Les 10 000 articles à 1€ minimum ont tous été vendus dans la journée. Au total, 450 000 connections sur le site dans la journée. 85% des clients ont payé 1,37€ quel que soit le prix recommandé. Seulement 15% ont payé le prix juste, recommandé. Ces opérations ne sont pas intéressantes financièrement mais ont un réel impact sur la notoriété de la marque.
Un concept difficile à démocratiser
Si les motivations des initiateurs du "Pay as you want" sont variées, elles restent souvent liées à la promotion de leur activité. Pourtant, on peut réfléchir à une démocratisation de la pratique. Aux consommateurs de se montrer responsable en payant des prix justes, en fonction de leurs moyens tout en respectant le travail de celui qui propose cette formule. Ceci ne peut se généraliser, mais des initiatives intéressantes existent notamment au sein de SEL (Système d'Echanges Locaux) et méritent à se titre d'être encouragé.
FA
Rédigé à 16:42 dans Changer de logique | Lien permanent | Commentaires (0)
Si acheter peut être un acte de consommation individuel, mais aussi la façon de soutenir un produit, un concept ou une idée; le boycott peut à l'inverse pouvoir exprimer un désaccord, il est un moyen d'expression du nouveau consomm'acteurs.
Le boycott est apparu au 19e siècle. En 1878, Charles Cunningham Boycott, un riche propriétaire Irlandais, exigea un prix élevé pour les terres qu'il louait en pleine période de famine. La population du comté décida alors de le mettre en quarantaine, les fermiers cessèrent de le payer et les ouvriers agricoles de travailler, sacrifiant la récolte de la saison. Ce qui entraîna la ruine du propriétaire. Le procédé fut appliquer ailleurs, et le terme entra dans le langage courant.
Depuis, il a été utilisé à différents niveaux. Luttes sociales, politiques ou arme économique... Il est l'expression d'un acte délibéré et engagé, par le biais duquel le consommateur redevient citoyen.
Certains parlent de démocratie par le caddie. Une marque ou un produit peut devenir du jour au lendemain la cible d'une campagne mondiale de boycott. Cela permet d'envisager une sorte de contre-pouvoir à la toute puissance de certaines multinationales. Cette volonté de vouloir consommer plus vert et plus éthique est une donné que ces mêmes entreprises ont déjà pleinement intégré et utilisent pleinement.
Tout peut faire l'objet d'un boycott; par exemple l'huile de palme, accusé de favoriser la déforestation en Indonésie, ou des produits contenant des OGM. Mais se sont surtout les enseignes qui sont visées, parce qu'elles stigmatisent des pratiques jugées contraires à certains principes éthiques. Ainsi, le boycott de Nike est un modèle du genre, afin de lutter contre le travail des enfants.
Quant à Coca-Cola, marque emblématique s'il en est, elle est la cible de nombreux boycott. En 2006 par exemple, alors que la marque est accusé d'avoir commandité l'assassinat de 6 syndicalistes d'une usine de Colombie, l'Université du Michigan (Etats-Unis), suspend les ventes de soda au près de ses 50 000 étudiants. Les pertes de Coca-Cola sont estimées à 1,2 M€. Au delà de ces actions sporadiques, le boycott est un moyen d'expression permettant bien souvent de nuire à l'image d'une marque et d'une entreprise dont un élément de la politique nous paraît inacceptable.
S'il est un acte engagé, le boycott reste surtout le fruit d'une réflexion comme citoyen et consommateur. Le boycott est l'arme du citoyen-consommateur, le consomm'acteur. Prenons conscience de notre pouvoir d'achat et de nos intérêts communs (à l'échelle de la planète) pour que le boycott s'affirme comme un contre pouvoir efficace face aux entreprises multinationales.
FA
Rédigé à 10:52 dans Agir ensemble | Lien permanent | Commentaires (0)
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